23 octobre 2007
Prenons notre fac en main
Une année historique pour les étudiants
« Avec la Cé, prenons notre Université en main »
La Confédération étudiante se lance dans une nouvelle campagne à l'aube de cette année universitaire qui s'annonce historique.
Nos objectifs : Obtenir de nouvelles avancées, empêcher tous projets qui serait contraire a nos intérêts d'étudiants et permettre à la démocratie de reprendre ses droits au sein de l'université.
Vous en serez plus sur www.changeonslafac.net, sur ce blog tout au long de la campagne.
Commentaires
tout le monde peut se tromper
Quand j’étais à la Confédération étudiante, j’ai également fait des interventions en son nom, sur des blogs, à la radio… et je suis tombé, un peu perplexe, sur un truc que j’avais écrit juste avant que je parte. Par pur masochisme ( ;) ) et parce que je pense que ça peut être intéressant, voici le texte que j’avais publié, avec les commentaires à la lueur de ce que je défends aujourd’hui.
Autonomie et précarité. Certains syndicats étudiants en ont fait leur « fond de commerce », pour répondre aux attentes des étudiants, utilisant – souvent à tort et à travers – un constat bien pessimiste pour garantir une certaine audience auprès d’étudiants souvent déboussolés par leur nouvelle condition. Le « 1er syndicat étudiant de France » fait montre d’une efficacité redoutable : dénoncer toutes les formes de précarité (qu’il entretient depuis des années) et revendiquer ensuite l’autonomie des étudiants, en jouant très finement avec un certain malaise que l’on peut sentir. Notre syndicat a décidé de faire sa propre analyse, sans concession ni complaisance, et des propositions concrètes, bien loin de ce fatalisme que l’on nous sert tous les jours un peu plus. (Une attaque bien grasse contre l’UNEF, limite statutaire à la Cé, qui était à l’époque nécessaire pour construire l’identité de ce syndicat)
La précarité d’un étudiant lorrain, comme partout en France, est double : précarité financière, qui provoque une précarité quant au suivi des cours. La précarité financière est réelle : le système de bourses, en place depuis plusieurs dizaines d’années, n’est plus adapté à la réalité de la condition étudiante. Les échelons sont mal définis : combien d’étudiants se retrouvent « limite » à cause de revenus trop élevés, à quelques euros près ? Ils sont sans doute des dizaines de milliers, qui auraient bien besoin de ces bourses pour vivre dignement. Car un deuxième problème s’ajoute au premier : bien sûr, certains étudiants ont des parents aux revenus élevés… Mais qui peut certifier que leurs parents les aident ? Nous sommes actuellement dans une situation paradoxale, et intolérable : l’échelon 5 est d’environ 400€/mois, ce qui est biensûr insuffisant pour un étudiant (d’autant que les places en cités U sont bien faibles, il faut donc payer le loyer, souvent exorbitant). L’étudiant doit donc travailler à côté, en plus de ses heures de cours. Or, quelle n’est pas la surprise de l’étudiant lorsqu’il découvre qu’il a perdu un échelon… à cause de son travail, pris en compte dans le calcul des bourses ! (Jusqu’ici je trouvais l’analyse plutôt bonne, encore aujourd’hui elle est valable. Ce sont les solutions qui vont suivre qui sont beaucoup moins alléchantes)
Précarité réelle, précarité maintenue
L’étudiant qui travaille est donc sanctionné parce qu’il travaille, justement à cause de bourses insuffisantes. Et quelles conditions de travail ! On pourrait évoquer le cas des restaurants McDonald’s, qui se targuent d’adapter les horaires des employés aux emplois du temps universitaires. Quelle hypocrisie ! Quel jeune normalement constitué peut étudier convenablement quand il travaille de 18 à 1h du matin, deux fois par semaine ? Et ne parlons pas des universités, bien rigides face à leurs étudiants salariés : l’absentéisme engendré par le travail est systématiquement sanctionné par une suppression des bourses. Et que dire des aides au logement, qui plafonnent péniblement à 194€/mois pour les boursiers, quand un loyer est d’environ 400€ dans le privé ! La santé n’est malheureusement pas en reste : les étudiants rechignent à se faire soigner, selon le récent rapport Wauquiez. Pourquoi ? Tout simplement parce que cela coûte cher de se faire soigner. Tous les étudiants ne sont pas forcément prêts à avancer une consultation chez un médecin, qu’il soit généraliste ou spécialiste.
Nous sommes donc dans une situation ubuesque : d’un côté, un système de bourses insuffisant et injuste, qui pousse l’étudiant à travailler, et de l’autre, des conditions de travail rendues difficiles soit par les entreprises, soit par l’administration elle-même !
Qui pourrait contester cette philosophie ? Quel étudiant aurait envie de vivre chez ses parents jusqu’à la fin de ses études ? Nous l’avons évoqué plus haut, les conditions d’une autonomie réelle ne sont pas remplies : situation financière instable, conditions de travail rendues difficiles, et l’administration qui n’encourage pas à travailler… Même s’il nous semble abusif de parler de « Génération Tanguy », il est certain que les étudiants quittent le domicile de plus en plus tard (cf. étude de l’INSEE).
L’autonomie : une philosophie pertinente discréditée par des solutions inadaptées et dogmatiques
Alors que fait-on ? L’UNEF, par une philosophie radicalement différente de la nôtre, prône depuis des années et des années la sacro-sainte allocation autonomie. Le principe est simple : une aide directe, supprimant le système de bourses et la demi-part fiscale. L’UNEF pousse donc la logique jusqu’au bout, et notamment en Lorraine, où l’UNEF va encore plus loin, en proposant un pré-salaire. (Le massacre commence là. Très honnêtement, j’ai eu mal à défendre cette solution. J’étais pour l’allocation autonomie, cent fois pour, mais voilà: je n’avais pas le courage d’aller contre les positions du national, qui n’admettait aucun écart sur sa très mince “ligne”)
Pourquoi la Cé est-elle contre cette solution ? Tout simplement parce que l’allocation autonomie est un oxymore ! Comment peut-on vouloir l’autonomie des jeunes, c’est-à-dire la possibilité de vivre sa propre vie, de subvenir à ses propres besoins, en donnant une allocation ? Une allocation, c’est tout sauf promouvoir l’autonomie : c’est assister les étudiants. Les étudiants ont besoin de se sentir encouragés, épaulés, pas maternés ! (En bon social-démocrate, je fustigeais l’assistanat, alors que la lutte de tout socialiste est justement l’émancipation grâce à l’aide de la solidarité, notamment intergénérationnelle…) En outre, cette mesure, selon les propres estimations du syndicat UNEF, coûterait dans un premier temps 7 milliards d’euros, pour passer progressivement à… 15 milliards d’euros ! (Tiens, actualité troublante : 15 milliards, c’est le paquet fiscal nan? Finalement, l’Histoire m’aura donné tort, et heureusement. Quelle ironie…)
La Cé propose une autre solution, bien plus valorisante pour l’étudiant, et plus efficace :
• Refondre le système de bourses, inadapté : créer un 6ème échelon de bourse, qui rendrait le système plus juste, en touchant davantage de personnes.
• La non prise en compte du salariat étudiant dans le calcul des bourses.
• L’accès aux bourses pour les étudiants indépendants que les parents n’aident pas, sur la base de leur avis fiscal et de celui des parents.
Nos solutions sont simples, nul besoin de citer tel ou tel idéologue pour changer la condition étudiante : ces mêmes personnes qui font de la précarité un combat prioritaire cogèrent le système depuis des dizaines d’années, sans changer quoi que ce soit. Sans doute sont-elles discréditées par leur maximalisme peu réaliste. Or, aujourd’hui, les étudiants ont soif de propositions concrètes, de solutions urgentes et réalisables. La Lorraine s’est souvent montrée en avance sur les questions étudiantes. Portons un changement réalisable, lançons le débat au sein de cette campagne présidentielle qui oublie tant les étudiants.
Impressionnant comme on peut se tromper, n’est-ce pas? Loin d’être un mea culpa (j’assume tout ce que j’ai écrit, la preuve), cette note permet d’éclairer les propositions de cette Cé qui est plus que jamais ambigüe dans les facs. Peut-être permettra-t-elle à ceux qui étaient tentés, un temps, d’y adhérer, de revenir en arrière…
novembre 9th, 2007
Au moment où l’enjeu du développement durable est essentiel, nous te remercions Maxime de recycler tes articles de blog en commentaire. Les étudiants ont et auront l’occasion de constater que nos positions sont les bonnes dans les différentes AG et débats auxquels il nous est permis d’assister. J’attire simplement ton attention sur le fait que l’Unef aurait supprimée ton commentaire. Une de nos valeurs est la démocratie, nous en sommes fiers. Et je ne pense pas que l'on peut se tromper en défendant de telles valeurs...
Cette usurpation d'identité est scandaleuse! Je t'invite d'ailleurs à vérifier mon adresse ip et/ou à me contacter, je n'ai certainement pas publié ce commentaire, qui va en outre à l'encontre de la propriété intellectuelle.
Merci de le supprimer.
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